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18 Novembre, 2009
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La
maltraitance des ressources naturelles et l’agonie de la
production alimentaire en Haïti
Dr. Harry-Hans François, Ph.D., N.D., Dip-CFC, CNC.,
LMHC
Janvier 2009
La république d’Haïti a
connu pendant toute son histoire de peuple libre de
nombreuses périodes de difficultés financières, des cas
béants de famine ou de sous-alimentation, de multiples
formes du despotisme non-éclairé et surtout de divers
moments de levées sociales conduisant souvent à des
émeutes et à des brûlures de plusieurs édifices publics
et privés; des événements clairement destructifs et
contradictoires à la marche du progrès individuel ou
collectif. On comprend aussi que cette première
république noire du nouveau monde a su forger ses
propres costumes de flottement et les a toujours
utilisés pour nourrir ses habitants moyennant jusqu' au
milieu des années 80’s. Ceci dit, le pays a toujours
été un récipient de divers programmes d’assistance
étrangère et s’enorgueillissait parfois même d’une
abondante contribution de produits agricoles locaux tels
que la patate, le café, le cacao, le manioc, l’igname,
le riz montagneux ou celui du lagon, la banane, le mango,
le cochon noir (culturel) et tant d’autres animaux qui
seraient naturellement nourris ou élevés. Pourtant, on
trouve dans l’Haïti contemporain des cas béants de
famine qui seraient supportés par la rareté de produits
alimentaires et la cherté de la survie quotidienne. Et
on appréhende tout de suite que la situation actuelle
dans ce pays a été aggravée par une maltraitance
prolongée de l’agriculture haïtienne, le passage du
tsunami aux Gonaïves durant l’année 2004 et aussi par
les derniers dégâts enregistrés durant la saison
cyclonique de l’année 2008. En effet, ces récentes
inclémences naturelles, supplantées par quelques
politiques anomiques nationales et internationales qui
ont été implantées durant les années 80’s, 90’s et
2000’s, semblent répandre un peu de lumière sur les
problèmes actuels du pays.
En essayant d’assimiler
les problèmes actuels de la sous-production alimentaire
au pays, il importe d’être imbu ou de se familiariser
avec quelques démarches politico-économiques qui ont été
implantées et même imposées aux malheureux haïtiens par
la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et
autres durant les années 80’s. Et voici quelques
abstracts qui ont été publiés là-dessus. Un rapport,
axant sur les problèmes de la malnutrition et de
sous-alimentation à travers le monde et couvrant au
moins une période de 11 années (1991-2002) de sphère et
qui a été publié par l’Organisation des Nations Unies,
fait mention de la nécessité d’un programme sérieux de
nutrition en faveur du peuple haïtien. Ce rapport situe
les haïtiens et les mozambiquiens en tête de la liste
des gens, consécutivement 1er et 2ième, qui
ne reçoivent pas quotidiennement le niveau minimal de
calorie recommandé par les experts mondiaux en
nutrition; approximativement un chargement journalier de
2.500 jusqu'à 3.000 calories selon l’âge et les
activités quotidiennes de la personne en question. Ce
même rapport met à jour le pourcentage de la population
qui serait affecté par cette situation endémique. Ainsi,
il nous fournit ces chiffres alarmants sur le cas
d’Haïti : un total de 65,3% pour l’année 1991, suivi
d’un total de 59,4% pour l’année 1996 et finalement un
total de 47,2% pour l’année 2002
(milleniumindicators.un.org/unds.mifre/m_results.asp).
Cette situation, qu’on le saisisse ou pas, nous informe
clairement de l’actuel cas de déploration au pays.
En parlant du cas
haïtien, le journal dominicain, « Dominican Today », a
été plus explicite et même plus objectif se référant aux
rentrées financières de la république voisine qui
seraient provenues de ses échanges d’exportation avec
Haiti. Ils osent même parler, et ceci sans sentiments de
crainte ou de réticence, d’une situation de dépendance
de survivance trouvée dans l’Haïti d’aujourd’hui et qui
serait fondée sur l’incapacité d’Haïti de produire ses
propres besoins quotidiens. Ainsi, le journal supporte
la pensée dominicaine sur une très forte importation
quotidienne d’Haïti provenant de la République
Dominicaine, des Etats-Unis d’Amérique et du Taiwan. Ce
journal ainsi fait cas sur le processus d’une
élimination graduelle de la manufacture des produits de
base en Haïti, et ceci depuis l’année 1986. « Haïti
reste notre troisième pays exportateur durant l’année
2006… Plus de cent quarante sept millions de dollars
américains (USD $147,000.000) ont été pompés dans
l’économie dominicaine par ce pays voisin durant cette
même année », ajoute ce journal (Dominican Today,
January 2009).
Un chercheuse, jugée très
imbue de la situation, choisit d’être plus objective sur
le sujet et a même établi un lien puissant entre cette
pénurie de production en produits alimentaires et
quelques démarches politico-économiques entreprises par
les gouvernements haïtiens durant ces dernières vingt
huitièmes (28) années d’histoire. Georges (2004), dans
un cas d’étude intitulé « Echanges et disparition du riz
haïtien », conclut que, depuis les années 70’s, le riz
importé (riz Miami) a gagné du terrain sur la production
du riz domestique… Haïti, pendant l’année 2000, a
importé un total de deux cent dix neuf mille (219.000)
tonnes métriques de riz américain pendant que sa
production locale se fixe au total de cent trente mille
(130.000) tonnes métriques pour la même année -- une
baisse de soixante quatre mille (64.000) tonnes
métriques en production locale comparable à l’année
1985. Et on comprend tout de suite que les chiffres
d’importation pour l’année 2008 ne sont pas encore
disponibles au moment de la composition de ce texte.
Georges a aussi argué que cette situation a causé le
déplacement des fermiers haïtiens, des commerçants, des
meuniers et des cultivateurs de grains et de vivres
alimentaires dont les opportunités d’emploi ont été au
préalable extrêmement limitées. Selon Georges, deux
grands facteurs, les plus signifiants d’ailleurs,
restent et demeurent les causes motrices du déclin de la
production agricole du riz haïtien. Et elle cite en tout
premier lieu l’Adoption des Politiques de Libération
d’Echanges, puis ensuite la Dégradation ou la
Maltraitance de l’Environnement. « Aujourd’hui le
riz importé inonde le marché haïtien pendant que les
États-Unis continuent à jeter ses riz (du riz Miami, en
jargon populaire) sur Haïti… Les conséquences du déclin
de la production du riz haïtien restent dévastatrices
sur la population rurale, pourtant très pauvre au
préalable », elle insiste.
Un autre
chercheur-économiste très connu de l’intelligentsia
haïtienne, William Steif, et qui a travaillé pour la
Banque Mondiale pendant les années 80’s, a choisi
lui-même de voir le marasme haïtien sous une optique
politico-endémique que tout simplement économique. Dans
un article titré « Haitian Hell … A government gone awry »
et qui a été publié en l’année 1985 dans le
Multinational Monitor, il s’exprima en ces termes :
« l’agriculture a lentement et inexorablement détérioré
en Haïti durant ces trente (30) dernières années …
Ainsi, la production agricole per capita subit
régulièrement un déclin… En plus de tout cela, les coûts
de la haute production montent en raison des ces
observations suivantes : espaces non-utilisés, une
pauvre gestion des terres cultivables, l’usage des
équipements surannés, le manque de compétition globale,
les difficultés d’exportation ou même celles de revendre
sur le terroir leurs propres récoltes… Tout cela a
procrée, en retour, une dépendance outrageuse sur
l’importation des produits intermédiaires ou de
survivance dont les consommateurs haïtiens en ont tant
besoin chaque jour (Steif, Haitian Hell, the
Multinational Monitor, 1985).
Le problème haïtien n’est
pas unique en son genre, et l’on comprend pourquoi
aujourd’hui un bon nombre d’experts dans ce domaine voit
d’un œil douteux les démarches entreprises par les
bailleurs de fonds étrangers. Ces experts vont même plus
loin en prônant une théorie d’exploitation conçue par
les pays riches du monde aux dépens des pays du
tiers-monde. Les recherches, publiées à ce sujet, ainsi
démontrent que presque toutes les pauvres familles des
pays du tiers-monde ont été tout simplement mystifiées
et abusées par les intentions des courtiers
internationaux. Ils postulent que ces courtiers ont
malicieusement construit des programmes d’aide visant
primordialement à conquérir les marchés étrangers, et
ensuite les pousser dans la gorge des gouvernements des
pays pauvres, moyennant à l’exemple d’Haïti, de
l’Amérique Centrale, de l’Afrique, et ceux de L’Asie de
l’Est, afin d’en tirer grandement profit.
En effet, ils instituent
et cèdent à un prix moyennant convenu leurs politiques
d’aide alimentaire tels que le PL 480 Title I, II, II
aux petits pays pauvres. Ces genres de programme sont
concus sur des crédits à termes faciles qui seraient
livrés aux compagnies locales fournisseuses de
viandes-volailles, de pates alimentaires, du blé, de
l’huile de cuisine, etc. dans le but de vendre leurs
produits aux clients des pays participants. Et la
nécessité d’un Mariage de Convenance entre le USAID et
le gouvernement des pays participants, les obligeant
à instaurer des changements ou de nouvelles démarches
politiques en leur faveur, doit être signée afin
d’embellir le deal aux visages des observateurs non
imbus.
Lappé, Collins et Rosset,
comme presque tous les autres experts dans cette affaire
de famine à travers le monde et d’aide alimentaire
fournie aux pays pauvres, questionnent sérieusement la
praxis de ces bailleurs de fonds. Ils arguent que le
programme de Title I a procréé des marchés immédiats
pour les entrepreneurs américains pendant qu’il instille
automatiquement un climat de dépendance psychologique
chez la population des pays-récipients. « En
encourageant la croissance des fermes-volailles, des
meuneries, des savonneries étrangères et huileries
végétales, les pays-récipients parviennent à se dépendre
de ces fournisseurs étrangers. Pl 480 a grandement
contribué au cas de Dépendance Structurelle fondée
sur des Importations Continues… Le programme de
Title I, version aide alimentaire, enrichit au prime
abord les caisses des meuneries géantes telles que
Cargill et autres, qui d’abord s’engagent
continuellement dans le business de fournir et
d’expédier ces produits nécessiteux, ensuite supportent
les producteurs des entreprises de style-volailles
pendant qu’elles contribuent en tout dernier lieu à la
déprogrammation alimentaire culturelle axant
antérieurement sur la consommation de grains ou de
produits cultivés sur le terrain », contestent-ils
(World Hunger, 12th myths, 1998, Lappe et al.).
Par voie de conséquences,
ces politiques de conquête et de reprogrammation
culturelle profitent foncièrement aux grands barons des
pays-récipients et surtout aux compagnies étrangères
telles que les grands entrepreneurs agricoles
américains, le Wall Street, l’IMF, Cargill, Alberto,
etc. Ironiquement, le péché originel et le chantage ne
restent pas toujours impunis. Des levées sociales ou des
guerres de faction s’éclatent de temps à autre chez ces
pays-récipients et à chaque fois que les choses ne
marchent pas bien en faveur de ces bailleurs de fonds.
Ainsi, un dernier recours devient automatiquement
imminent, car il faut sauver la face et aussi trouver un
agneau sacrificateur. Et en dernier scenario du montage,
c’est toujours un ancien protégé politique de ces
courtiers internationaux, souvent génialement
portraituré par la presse internationale comme étant le
« fils prodigue ou le seul politicien corrompu de
l’affaire », qui va perdre sa face ou parfois même être
expulsé du pouvoir qu’il chérissait tant.
Et on appréhende tout de
suite les rationalités sur lesquelles se reposent
l’élimination du « cochon noir haïtien », les politiques
de changement du tarif gouvernemental et les liens entre
la fermeture abrupte, pendant les années 80’s, du Ciment
d’Haïti, de la Minoterie d’Haiti, des Huileries
Nationales d’Haiti, de l’Aciérie d’Haïti, de la
Beurrerie du Sud et de la HASCO (Haitian American Sugar
Company) en rapport avec la rareté ou la cherté de
produits de base alimentaires trouvés actuellement sur
le marché haïtien. En effet, la grande majorité des
haïtiens contemporains font aujourd’hui préférence des
produits alimentaires étrangers, qu’ils soient frais ou
gâtés, aux dépens des locaux. Les lieux de provenance de
ces produits ne valent pas grande chose pourvu qu’ils ne
soient pas haïtiens. C’est ainsi qu’on observe sur le
marché actuel le remplacement ou l’élimination graduelle
du « griot d’antan», préparé jadis avec du cochon
culturel du terroir, par le cochon blanc qui se nourrit
du son de blé. La même observation est aussi faite pour
les autres volailles et viandes grasses, jadis
abondamment trouvées en Haïti. Les poulets, les dindes
et les beurres de cacahouète locaux ont été
graduellement remplacés par les poulets et dindes
cadavériques (congelés) et les beurres synthétiques de
cacahouète nous venant de l’étranger. La présence du
riz local est devenue aujourd’hui un peu rare, acre et
même dégoûtée de certaines gens. L’actuelle production
haïtienne de la banane, du café et du cacao n’est plus
suffisante pour répondre aux demandes de consommation
locale et étrangère. Exception est seulement faite pour
les différents types de mango. Des diverses misérables
qualités de hot dogs et de céréales envahissent le
marché local et sont devenues de véritables points
d’appui servant à éliminer toute une série de plats et
de goûts locaux.
Et on comprend tout de
suite pourquoi les pauvres fermiers, les consommateurs
haïtiens et aussi les habitants des autres pays gênés du
monde restent aujourd’hui piégés dans une boite timorée
pendant qu’ils absorbent les hauts prix des produits
agricoles importés et, en même temps, se forcent
d’accepter les revenus dérisoires provenant de leurs
propres récoltes. Ironiquement, tout cela se passe après
qu’ils fussent eux-mêmes devenus hautement accoutumés
avec les gouts exotiques et synthétiques clairement
imposés par les divers courtiers internationaux
travaillant toujours en complicité avec quelques
partenaires locaux. Et le théâtre dramatique se poursuit
jusqu’à ce que les leaders politiques, commerciaux et
éducatifs du pays se décident à s’engager objectivement
dans la recherche d’une meilleure approche à la crise
haïtienne.
Ironiquement dans cette
petite république libre noire des iles caraïbes, les
problèmes de rareté de provisions alimentaires se
joignent fermement les mains, et parfois même
dangereusement, avec les conséquences des sempiternelles
bévues de l’état, le coût de la survie quotidienne et
les sentiments chimériques éprouvés à l’égard du haut
niveau de chômage. Ainsi, j’en déduis que ces deux
derniers dérivés, supplantés par une litanie de
désastres naturels dont le pays subit continuellement,
amplement contribuent à l’état de marasme actuel. Et
comme les ventres affamés n’ont pas toujours d’oreille,
on doit aujourd’hui se mettre d’accord pour conclure
qu’Haïti, et ceci à l’exemple des autres pays gênés du
monde, continuera à faire face à des levées sociales qui
seraient classées dans la logique des soucis politico-
économiques de ses habitants, surtout si on n’implante
pas de meilleures démarches socio-économiques profitant
aux masses déshéritées. A bons entendeurs, salut !
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